2012-09-25 12:00 PDT

Déclaration de l’inspecteur Gary Shinkaruk, officier responsable du Groupe des projets spéciaux de la Section des crimes graves de la GRC en Colombie-Britannique

La carte met en évidence les diverses régions de la province d’où les femmes ont disparu ou où elles ont été retrouvées assassinées. Ces régions comprennent Prince Rupert, Terrace et Prince George le long de l’autoroute 16, Williams Lake et Hundred Mile House le long de l’autoroute 97, et Merritt, Kamloops et Clearwater le long de l’autoroute 5.Merci d’être ici aujourd’hui. Je suis l’inspecteur Gary Shinkaruk, officier responsable du Groupe des projets spéciaux de la Section des crimes graves de la GRC en Colombie-Britannique.

Nous sommes ici aujourd’hui pour annoncer un développement important dans l’enquête E-PANA ainsi que pour demander votre aide.

Le projet E-PANA a commencé à l’automne 2005. Le groupe de travail a été mis sur pied après que le Groupe des enquêtes criminelles de la GRC en Colombie-Britannique a demandé l’examen et l’enquête d’une série de meurtres non résolus reliés à l’autoroute 16. L’objectif du groupe de travail est de déterminer si un tueur en série ou des tueurs sont responsables des meurtres de jeunes femmes qui ont voyagé sur d’importantes autoroutes de la Colombie-Britannique.

Le projet E-PANA comprend 18 cas, dont 13 homicides et 5 enquêtes sur des femmes disparues. Les cas s’échelonnent de 1969 à 2006 et portent sur des femmes et des filles qui ont pris part à des activités risquées, comme faire de l’autostop, et qui ont été vues pour la dernière fois ou ont été retrouvées à moins d’un mille de trois autoroutes de la Colombie-Britannique : les autoroutes 16, 97 et 5.

Au cours des années, les enquêteurs ont réexaminé les conclusions d’enquêtes précédentes, interviewé de nouveau des témoins, suivi de nouvelles pistes ou de nouveaux renseignements et réexaminé ou soumis des pièces à conviction. Ce sont ces efforts qui nous ont menés ici aujourd’hui pour annoncer un développement important dans au moins un, et possiblement plusieurs, des dossiers E-PANA.

Le développement concerne la disparition et le meurtre commis en 1974 de Colleen MacMillian, alors âgée de 16 ans. Colleen vivait avec ses parents, trois frères et deux sœurs à Lac La Hache, en Colombie-Britannique. Elle était timide, mais amicale, équilibrée et fiable. Le 9 août 1974, Colleen a quitté la maison dans le but de se rendre en autostop chez une amie qui habitait à proximité. Elle a marché jusqu’à l’autoroute 97 et a disparu. Elle a été retrouvée assassinée près d’un sentier forestier, 46 km au sud de l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois. L’enquête a commencé au moment où la disparition de l'adolescente a été signalée et s’est poursuivie au fil des ans. Le cas de Colleen fait partie de l’enquête E-PANA.

En juin 2007, les enquêteurs du projet E-PANA ont envoyé de nouveau des pièces à conviction reliées au cas de Colleen au laboratoire judiciaire de la GRC à Vancouver pour y faire faire des analyses d’ADN. Le profil d’ADN d’un homme inconnu a été établi à partir du cas de Colleen. Le profil a été envoyé à la Banque nationale de données génétiques, mais aucune correspondance n’a été établie.

En 2012, grâce aux percées des techniques d’analyse de l’ADN, les enquêteurs du projet E-PANA ont demandé à faire réexaminer le profil. Cet examen a permis de produire un échantillon de meilleure qualité et de l’envoyer à INTERPOL, qui a accès à banques de données d’ADN étrangères.

Le 3 mai 2012, le laboratoire de police scientifique du Département d’État de l’Oregon (Oregon Department of State Police Forensic Laboratory) a obtenu une correspondance d’ADN du système CODIS. La correspondance d’ADN était reliée à Bobby Jack Fowler, un citoyen américain. D’après ce que savent aujourd’hui les enquêteurs du projet E PANA, M. Fowler est responsable du meurtre de Colleen MacMillian, qui était âgée de 16 ans à l’époque.

 

Bobby Jack Fowler, qui est né et a passé la plus grande partie de sa vie aux États-Unis, avait de nombreux antécédents criminels violents et il a été condamné dans plusieurs États américains pour des crimes comme tentative de meurtre, agression avec une arme dangereuse, agression sexuelle, incendie criminel, enlèvement et tentative d’agression sexuelle ainsi que pour des infractions relatives à des armes à feu. Sa dernière condamnation a eu lieu à Newport, en Oregon, pour l’agression violente d’une femme commise en 1995. Ce crime a valu à M. Fowler une peine de 10 ans de prison et ce dernier est mort de causes naturelles en mai 2006, à l’âge de 66 ans, alors qu’il était détenu. Il n’a pas de casier judiciaire au Canada.

Depuis que nous avons reçu la confirmation de la correspondance d’ADN, les enquêteurs examinent et suivent activement les antécédents de M. Fowler ainsi que ses allées et venues au cours des 40 dernières années. Nous avons rencontré des membres du Federal Bureau of Investigations (FBI) et communiqué avec 31 organismes d’application de la loi des États-Unis et 11 Départements d’État ou de services correctionnels. Nous nous sommes rendus dans les États de Washington, du Texas et de l’Oregon, nous avons parlé à des membres de la famille, à des collaborateurs et à d’anciens compagnons de cellule afin de faire avancer l’enquête. Nous avons pu créer une ligne de temps des déplacements de M. Fowler au cours des 40 dernières années, mais elle n’est pas complète. La difficulté est de déterminer avec certitude les déplacements de M. Fowler en Colombie-Britannique.

Nous savons que M. Fowler a travaillé dans la région de Prince George en 1974 pour Happy’s Roofing, une entreprise de couverture qui n’est plus en affaires et dont les registres n’existent plus. Bien que de nombreux éléments nous échappent, nous savons que M. Fowler était nomade et qu’il voyageait entre des États américains et même entre des pays en une journée. Il faisait des travaux d’ouvrier non qualifié et des petits boulots dans des domaines comme la couverture. Il restait et vivait dans des motels ou louait des appartements, et il aimait les vieilles voitures qu’il conduisait jusqu’à ce qu’elles soient bonnes à mettre à la casse. Il fréquentait les bars et les restaurants, il était violent avec les hommes et les femmes, et il prenait des autostoppeurs.

Photo d'une vieille berline blanche de marque Chrysler

 


Afin de pouvoir établir les déplacements de Bobby Jack Fowler, nous avons besoin de l’aide du public. Nous publions des photos de M. Fowler prises au fil des ans et une vidéo afin que vous puissiez nous aider.

Bobby Jack Fowler - 1972 Bobby Jack Fowler - 1982 Bobby Jack Fowler - 1989 Bobby Jack Fowler - 1994 Bobby Jack Fowler - 1995

Nous croyons que des personnes ont engagé M. Fowler, ont travaillé avec lui, l’ont côtoyé ou l’ont même servi pendant qu’il se trouvait en Colombie-Britannique. Nous vous demandons de vous rappeler l’époque des années 1970 et 1980, de penser à vos souvenirs de cette période et de regarder les photos. Veuillez nous appeler si vous avez quelque renseignement que ce soit sur cet homme.

M. Fowler n’est pas un suspect dans huit dossiers du projet E-PANA.

Toutefois, il y a des cas comme celui de Gale Weys, 19 ans, qui a été vue pour la dernière fois faisant de l’autostop à partir de Clearwater, en Colombie-Britannique, le 16 octobre 1973 et qui a été retrouvée assassinée six mois plus tard. Ou celui de Pamela Darlington, 19 ans, une résidante de Kamloops qui a été tuée et retrouvée à Pioneer Park le 7 novembre 1973. Ces cas ne sont que deux exemples des dossiers que nous examinons afin de trouver des liens avec M. Fowler, mais nous sommes ouverts à la possibilité qu’il ait pu commettre d’autres crimes violents contre des femmes qui n’ont peut-être pas été signalés à la police.

La ligne d’information E-PANA est opérationnelle, et les enquêteurs recevront les renseignements et en feront le suivi. Si vous avez des renseignements à ce sujet, veuillez composer le 1-877-543-4822. Vous pouvez aussi appeler Échec au crime dans votre collectivité.


Déclaration du sous-commissaire Craig Callens, commandant divisionnaire de la GRC en Colombie-Britannique

Bonjour, je suis le sous-commissaire Craig Callens, commandant divisionnaire de la GRC en Colombie-Britannique.

L’annonce et la demande d’aide du public faites aujourd’hui représentent un jalon important dans notre engagement à résoudre une série d’enquêtes portant sur des femmes disparues et assassinées en Colombie-Britannique. J’aimerais remercier les familles concernées de leur soutien et de leur compréhension.

Nos sympathies et nos pensées se tournent vers ces familles, qui continuent de revivre la perte dévastatrice de leur mère, tante, fille ou sœur, et d’y faire face, tout en attendant d’avoir des réponses sur ce qui leur est arrivé.

Souvent, les vieux cas sont surnommés affaires non résolues , mais pour la GRC, il n’y a aucune affaire non résolue. Nos enquêteurs traitent chaque cas non résolu comme faisant partie d’une enquête active qui nous demande d’examiner des résultats précédents, de revoir nos méthodes d’enquête, d’interviewer de nouveau des témoins et des personnes d’intérêt, d’étudier des renseignements ou des pistes qui nous ont été transmis et de rester au courant des outils et techniques judiciaires.

Personnellement, j’ai participé à des enquêtes qui se sont échelonnées sur de nombreuses années, voire des décennies, et j’étais l’un des enquêteurs dans le dossier de l’homicide de Pamela Darlington lorsque je travaillais à Kamloops, à la fin des années 1990. Le travail fait par les enquêteurs de l’époque, qui remonte aux années 1970 pour le cas de Pamela et les autres cas, appuyait les développements annoncés aujourd’hui.

Je les remercie de leur travail et de leurs efforts, et je sais que la nouvelle de cette correspondance d’ADN et de l’identification d’un suspect a été bien reçue puisque ces cas restent souvent dans l’esprit des enquêteurs, bien longtemps après que ces derniers ont quitté la GRC.

J’aimerais profiter de l’occasion pour souligner les efforts des enquêteurs et du personnel de soutien spécialisé de la Section des crimes graves, y compris le personnel du laboratoire judiciaire de la GRC à Vancouver, qui est toujours d’un appui précieux pour nous aider à établir la vérité.

Leur persévérance et leurs connaissances nous ont permis d’obtenir un profil d’ADN précieux et de le faire parvenir à INTERPOL. La ténacité des membres et des employés de la GRC a permis d’établir la correspondance d’ADN la plus vieille de l’histoire d’INTERPOL.

Comme il a été mentionné, depuis l’obtention de la correspondance d’ADN, les enquêteurs travaillent activement pour produire une ligne de temps des déplacements et des activités de M. FOWLER. Ces efforts sont encourageants en raison de partenariats solides et de relations fortes.

J’aimerais remercier tous les organismes des États-Unis qui ont fourni de l’information sur Bobby Jack FOWLER, y compris le FBI, le bureau du shérif du comté de Freestone au Texas, le service de police de Newport en Oregon et plus particulièrement le bureau de l’avocat de district du comté de Lincoln en Oregon et Ron Benson qui est ici aujourd’hui pour nous appuyer dans nos efforts. Ces intervenants ont travaillé sans relâche avec nos enquêteurs dès le début de l'affaire.

Bien que nous travaillions à réunir le plus d’information possible, nous ne pouvons surestimer le besoin d’obtenir des renseignements du public. Je sais que ces événements se sont produits il y a 30 ou 40 ans, mais aucun renseignement n’est sans importance. Cela s’applique également à toute enquête relative à des personnes disparues ou à des meurtres.

Il est en outre crucial d’appeler la police à l’instant même où quelqu’un disparaît, car c’est souvent à ce moment que les efforts de la police débutent.

Il existe encore de l’information erronée quant au moment où signaler la disparition de quelqu’un. Par conséquent, nous voulons profiter de l’occasion pour préciser qu’il n’y a aucune limite ou période d’attente pour signaler une personne disparue. Appelez la police immédiatement si vous apprenez qu’une personne n’est pas rentrée chez elle ou ne s’est pas rendue à sa destination.

Notre n’avons pas renoncé à notre engagement lorsqu’il s’agit d’enquêtes relatives à des personnes disparues ou assassinées. Il y a des ressources et des protocoles en place, et nous demeurons engagés à rendre justice aux victimes et à obtenir les réponses tant attendues pour leur famille.


Déclaration de la famille MacMillen

Bonjour. Je m'appelle Shawn MacMillen et je suis le frère de Colleen. Je suis ici aujourd'hui afin de représenter ma famille et pour faire une déclaration.

Les membres de la famille MacMillen souhaitent remercier la GRC, notamment les enquêteurs du projet E-PANA, d'avoir réussi à identifier le meurtrier de Colleen. Nous sommes tout simplement stupéfaits, et nous sommes très reconnaissants de leur travail acharné. Nous avons attendu pendant très longtemps pour obtenir les réponses à nos questions, et bien que le résultat ne soit pas entièrement satisfaisant, car l'individu n'aura pas à subir de procès pour le crime qu'il a perpétré, nous sommes réconfortés par le fait qu'il était en prison lorsqu'il est décédé et qu'il ne pourra jamais faire de tort à quelqu'un d'autre.

Colleen était une jolie, gentille et innocente jeune fille de 16 ans, et aucun mot ne peut décrire le mal qu’on lui a infligé. Nous espérons que les conclusions de ce dossier fourniront aussi des réponses aux questions des autres familles dont la fille ou la sœur a disparu ou a été tuée.

Notre famille demande aux membres des médias de respecter notre vie privée et de faire parvenir toute question à l'équipe d'enquête E-PANA.


Déclaration de la famille Weys

Bonjour, je m'appelle Denice Weys, et je m'appelle Dianne Weddell, et Gale était notre sœur aînée. Nous avons une déclaration à vous lire de la part de notre famille.

Gale, la seconde née dans une famille de neuf enfants, était une grande sœur parfaite qui appuyait et protégeait toujours ses frères et sœurs cadets. Elle était un garçon manqué et une personne farouchement indépendante qui aimait toutes sortes d'aventures et d'activités en plein air et qui entraînait les membres de sa famille ainsi que ses amis dans l'aventure. Que ce soit en nous enseignant à faire du vélo ou à nager, ou en organisant une randonnée et une exploration des collines avoisinantes, elle le faisait avec une attitude de tous pour un et un pour tous. Son rire contagieux et son sens de l'humour aiguisé faisaient de Gale une leader naturelle qui incitait les gens à dépasser les limites qu'ils s'étaient imposées. Elle adorait les manèges des parcs d'attractions, et lorsqu'elle allait à la foire locale ou au PNE, elle persuadait toujours les autres de monter à bord les manèges les plus rapides, hauts et terrifiants. Gale obtenait d'excellents résultats à l'école et elle aimait apprendre. Par conséquent, elle agissait comme tutrice pour ses frères et sœurs et leur a appris à lire avant qu'ils commencent même l'école. Elle a passé son enfance comme membre des Brownies, des Guides et ensuite des Rangers, ce qui lui a plus tard permis de devenir elle-même une leader. En tant qu'adolescente, elle a obtenu son attestation de la Société de sauvetage et a donné des cours de natation. À titre de bénévole, Gale a également travaillé avec des enfants ayant des besoins spéciaux et leur a enseigné.

Avec les Guides, Gale a visité l’Expo 66 et voyagé aux Territoires du Nord-Ouest et à Mexico, entre autres. Ces voyages lui ont donné le goût d’explorer encore plus le monde. C’est durant un voyage au Mexique que Gale, sensible et pleine de compassion, a constaté la grande pauvreté et la souffrance qui existent dans le monde, et qu’elle a eu le désir de faire quelque chose pour les alléger.

Après avoir quitté le nid familial, Gale est partie vivre et travailler à Clearwater pour entamer une nouvelle période de sa vie de jeune adulte indépendante. Elle occupait deux emplois afin d’épargner de l’argent pour aller au Mexique, mais elle savait que devenir mère, son souhait le plus cher, était ce qui l’attendait dans l’avenir.

Ces rêves ainsi que de nombreux autres ne se sont jamais réalisés, car on lui a enlevé la vie, et on nous a enlevé notre sœur, violemment, douloureusement et abruptement. Comme famille, nous n’avons jamais cru que cette plaie ouverte se refermerait de quelque façon que ce soit; nous avions perdu espoir. Nous sommes reconnaissants envers la police de son travail continu réalisé au cours des années au nom de Gale et de ce nouveau développement qui nous fournit quelques réponses et un peu de soulagement. Malheureusement, comme la police l’a mentionné, cette preuve péremptoire n’est pas une preuve définitive. Pour cette raison, nous, la famille de Gale, demandons au public de se rappeler le début des années 1970.

Si vous avez des souvenirs de cet individu du nom de Fowler ou des faits qui ont été décrits, veuillez appeler la ligne rouge de la police ou Échec au crime. Peut-être avez-vous trouvé les vêtements de Gale sans comprendre de quoi il s’agissait. Peut-être avez-vous rencontré M. Fowler ou travaillé avec lui. Peut-être vous a-t-il agressé ou fait sentir mal à l’aise. Ou peut-être l’avez-vous vu participer à une bagarre dans un bar. Tout renseignement à ce sujet – même les faits qui semblent banals ou plus ou moins reliés à l’affaire – pourrait s’avérer extrêmement utile. Si c’est la peur qui justifie votre silence, sachez que M. Fowler ne peut plus vous faire du mal, alors nous vous prions de vous manifester. Les familles comme la nôtre qui ont dû faire face à la perte d’un être cher doivent composer avec l’incertitude de ne pas savoir ce qui est arrivé à ce dernier, de même qu’avec des questions demeurées sans réponse et des émotions encore douloureuses. Si vous êtes en mesure d’aider les enquêteurs d’une quelconque façon, nous vous prions de le faire pour Gale et pour toutes les autres femmes.

C’est tout ce que nous avons à dire à ce sujet à l’heure actuelle. Si vous avez d’autres questions, nous vous prions de communiquer avec la police et de respecter notre droit à la vie privée.

Courriel : bcrcmp@rcmp-grc.gc.ca

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